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vendredi 12 juillet 2013

LA ROUSSEROLLE TURDOÏDE


Identification :
Vue de loin, la rousserolle turdoïde ressemble à une grosse rousserolle effarvate. Sa coloration brune lui offre un camouflage efficace au sein de la roselière. Le dessus est brun, les flancs et le croupion sont chamois et le dessous blanc cassé brun. Un léger sourcil crème relève l'oeil. Les pattes sont grises. Le bec est fin et allongé comme pour la plupart des insectivores.

Chant : Le chant de la rousserolle turdoïde est puissant. Il se compose de notes rauques, très accentuées et piquées. L'intensité du chant permet de passer outre les multiples bruits de la roselière et de porter assez loin. Il lui arrive de chanter à la nuit tombée. Les cris sont également rauques et puissants.

Habitat : Cette rousserolle de grande taille occupe les roselières constituées de phragmites (on parle de phragmitaie). Sa présence dans ce type de milieu dépend cependant de la présence permanente d'eau. Elle se contente de fossés ou de massifs de petite superficie.

Comportements : Ce passereau paludicole est un migrateur transsaharien. De retour d'Afrique en avril-mai, perché au sommet d'un roseau bien en évidence, il va animer la roselière de son chant. Puis avec la nidification l'oiseau se fait beaucoup plus discret et parcourt furtivement les roseaux pour trouver de quoi nourrir sa progéniture.

Nidification : Comme pour la rousserolle effarvate, le nid est confectionné entre des tiges de roseaux à l'aide de feuilles, racines et autres fins éléments végétaux. L'incubation des 4 à 6 œufs est assurée par les 2 partenaires pendant 2 semaines. La ponte est unique.

Régime : La rousserolle turdoïde se nourrit principalement d'insectes (microlépidoptères, coléoptères, libellules) mais aussi d'arthropodes (araignées) et d'amphibiens.

Protection / Menaces : En déclin en France. Sa régression est notamment causée par la destruction de son milieu de vie, en l'occurrence les grandes phragmitaies bordant les étangs et les cours d'eau. La dégradation de la qualité des quartiers d'hiver en Afrique peut également jouer défavorablement.






LE ROLLIER D'EUROPE


Identification :
De la taille approximative d'un choucas, cet oiseau trapu vivement coloré est surmonté d'une grosse tête pourvue d'un bec noir épais, crochu à l'extrémité. Le front, le menton et parfois le bord du capuchon sont blancs. Les lores et le triangle de peau nue situé en arrière de l'œil sont noirs. La tête, la poitrine, une partie des ailes et de la queue forment une succession de bleu nuancé de vert. Le reste des ailes et de la queue est noir avec une légère touche de violet. Cet enchaînement provoque un contraste unique avec le dos et le manteau marron-roux. La queue est fourchue. Mâle et femelles sont semblables.
Les juvéniles sont plus ternes que les adultes. La tête et la queue sont vert-olive, la poitrine et les couvertures alaires, fortement teintées de roux. Le triangle noir est absent au coin de la queue. Les joues, le menton, la gorge et la poitrine sont finement striés de blanc.

Chant : Sa voix est rauque et ressemble beaucoup à celle d'un corvidé. Les cris sont des "rak" brefs ou des "rak rak rak rak rak" en série. La parade nuptiale est accompagnée de cris en crécelle, rauques et stridents.

Habitat : Son habitat doit tenir compte de deux paramètres : il doit comprendre à la fois : 1) des cavités indispensables à sa nidification, qu'il recherche dans les forêts alluviales et les allées de platanes ou de peupliers, 2) des zones dégagées, des espaces ouverts favorables à la chasse aux insectes, qu'il trouve dans les friches viticoles, les campagnes cultivées avec bosquets et bois clairs, les prairies pâturées et les sablières. On le trouve donc dans les plaines chaudes, ensoleillées et il évite soigneusement les régions où le climat est instable et humide comme dans le nord-ouest de l'Europe. Il évite également les plaines sans arbres, les grands plans d'eau. Hormis cela, il est présent dans presque tous les zones ouvertes jusqu'à 600 mètres d'altitude, parfois même jusqu'à 1000 m en Europe et 2000 m au Maroc.

Distribution : Europe Méridionale et Orientale, Maghreb et Proche-Orient, Asie jusqu'à l'Altaï et l'Himalaya. Il se fait de plus en plus rare en Europe. Les spécialistes reconnaissent officiellement deux sous-espèces qui varient légèrement par leur coloration : Coracias G. garrulus, vit dans le nors-ouest de l'Afrique, en Asie Mineure, en Europe et dans le sud-ouest de la Sibérie. Coracias G. semenowi réside en Irak, en Iran, au Cachemire, en Turkménie, dans le sud du Kazakhstan, à l'ouest du Sinkiang, en Chine.

Comportements : Le rollier d'Europe vit en solitaire ou en couples. Il défend âprement son territoire dont il chasse sans ménagement tous ses congénères. En migration, il fait preuve d'un comportement plus conciliant. Il chasse à l'affût : se perchant bien en vue, souvent en terrain découvert, il s'élance un peu à la manière d'une pie grièche pour capturer les insectes à terre ou même en plein vol. Les proies les plus modestes sont consommées sur place, les plus grosses sont rapportées au perchoir où elles sont frappées puis tuées. Chaque jour, le rollier d'Europe rejette plusieurs pelotes noirâtres d'une dimension qui varie entre 20 et 35 millimètres. Pour changer de perchoir, il vole, même sur une très courte distance. Son vol, léger, assuré, est composé de battements rapides, réguliers et de faible amplitude. Lorsqu'il est à terre, il a une allure assez maladroite.
C'est un migrateur. Dès la fin août ou au début de septembre, il prend ses quartiers d'hiver au sud du Sahara et ne revient que vers la fin avril. Le mâle effectue une parade nuptiale aérienne spectaculaire : elle consiste en toutes sortes de vrilles, de chandelles, de voltes, de piqués et de loopings en plongeant vers le sol. La parade est précédée d'une série lente de cris lors de la montée en altitude et peut être répétée à plusieurs reprises sans s'arrêter.

Vol : Vol de choucas avec quelques glissés occasionnels. Acrobaties suivis de piqués à grande hauteur pendant la période nuptiale.

Nidification : Le rollier d'Europe ne fabrique pas de nid. Il dépose sa ponte dans un ancien nid de pic, dans une cavité naturelle d'arbre (généralement pin ou chêne), à une hauteur qui varie entre 5 et 10 mètres. Il s'installe parfois dans un trou de muraille ou creuse même une galerie de 60 cm dans un talus de sable. Il n'apporte aucun matériau dans la cavité choisie.La femelle y dépose 4 à 6 oeufs dont l'incubation dure 18 ou 19 jours. L'envol des jeunes s'effectue au bout de 26 à 28 jours. La saison de nidification se déroule de mai à juillet, avec une pointe de la mi-juin à la mi-juillet.

Régime : C'est un macro-insectivore, c'est à dire qu'il se nourrit principalement de gros insectes soit terrestres soit aériens tels que les coléoptères et les orthoptères (criquets, sauterelles, grillons, cigales , mantes). Cependant, il se nourrit également de vers, de lézards, de micromammifères, de grenouilles et de jeunes oiseaux si les insectes viennent à manquer. Ces derniers composants ne constituent environ que 3% du régime.

Protection / Menaces : Espèce en nette diminution (aire de répartition et effectifs) depuis les années 1970. Les causes de cette régression sont multiples : la disparition des habitats, la diminution de ses proies due à l'utilisation massive des insecticides, la chasse illégale et la forte concurrence du choucas des tours (Corvus monedula) pour l'obtention des cavités de reproduction.