vendredi 5 juillet 2013

EPERVIER D'EUROPE


Un Épervier d'Europe tué par sa proie
Pour un épervier, capturer un oiseau de grande taille comme une Pie bavarde peut constituer un risque mortel.

L'Epervier d'Europe (Accipiter nisus) tue principalement des passereaux de taille moyenne ou petite, comme les mésanges.
Photographie : Marek Paluch / http://marekpaluch.pl
Pour un prédateur, capturer une proie de grande taille constitue un risque parfois mortel. Un Epervier d'Europe (Accipiter nisus) qui a voulu tuer une Pie bavarde (Pica pica) près de Bergen (Norvège) en mars 2006, l'a ainsi payé de sa vie. La scène, observée par Ingvar Byrkjedal, s'est déroulée le long d'une pente boisée : alors que le rapace semblait avoir pris le dessus sur le Corvidé prisonnier de ses serres, une violente lutte de près de 10 minutes a éclaté. Mais la pie est finalement restée prisonnière de l'épervier, qui a alors commencé à lui arracher des plumes. Elle a alors essayé de le poignarder et de lui pincer les pattes, réussissant à le blesser au tarse gauche.

Pendant ce temps, elle poussait de faibles grincements rauques, réussissant à attirer trois congénères qui se sont approchés prudemment en criant fortement. L'une d'entre elles, apparemment un grand mâle, a sauté derrière l'épervier et lui a tiré à deux reprises les plumes de la queue, ne provoquant aucune réaction du prédateur. Après environ six minutes, les trois pies ont disparu.
La pie, toujours coinçée sous le rapace, a ensuite tenté de le repousser avec sa patte droite. Les deux oiseaux ont roulé sur un demi-mètre le long de la pente et se sont immobilisés dans une position inconfortable. Après 20 minutes, ils ont dégringolé d'un nouveau mètre. L'épervier s'est empêtré dans des brindilles, permettant à la pie de se dégager. Le rapace semblait épuisé, et sa victime, immobile un moment, a commencé à vigoureusement frapper avec son bec, puis s'est envolée.

Une heure plus tard, le rapace ne bougeait plus : il était mort. Ingvar Byrkjedal a analysé son corps et a découvert qu'il avait un trou de 7 mm dans le dos au niveau de l'omoplate gauche. Cette blessure avait atteint le poumon gauche. Son tarse gauche était brisé sous l'articulation, et les muscles sous-alaires étaient gravement contusionnés et saignaient.
L'épervier était une femelle adulte en mauvaise condition physique, d'une longueur totale de 355 mm et ne pesant que 222 grammes environ. Elle n'avait pratiquement pas de graisse sous-cutanée et ses muscles pectoraux étaient peu développés. Normalement, à la fin de l'hiver, le poids d'une femelle d'épervier est proche de 280 grammes. La pie était a priori un mâle d'après sa taille totale et la longueur de sa queue.
Ce rapace chasse principalement les oiseaux, en particulier des passereaux de taille petite ou moyenne comme les mésanges, les moineaux et les grives. Mais il peut aussi s'attaquer à des proies plus grandes, comme le Pigeon ramier (Columba palumbus), pourtant deux fois plus lourd qu'une femelle, ou des limicoles comme la Bécasse des bois (Scolopax rusticola) et le Courlis cendré (Numenius arquata).
La Pie bavarde est commune et peut peser de 200 à 250 grammes : elle constitue donc a priori une proie intéressante. Mais les Corvidés sont rarement chassés : sur 532 proies d'éperviers analysées en Norvège par Hagen (1952), seules trois pies ont été identifiées, et au moins deux d'entre elles avaient été tuées par des femelles. L'observation d'Ingvar Byrkjedal montre que la capture d'un Corvidé est très risquée pour un petit rapace.

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