dimanche 7 juillet 2013
LE CANARD
I
Dehors, il fait froid, un froid de canard, selon l’expression consacrée qui fait référence aux basses températures qu’affrontent les chasseurs pendant l’automne et l’hiver. Pourtant, s’il est bien un animal qui ne souffre pas des basses températures, c’est lui.
A le regarder d’un peu plus près, on s’interroge sur le contraste entre son corps protégé du froid par un épais duvet qui recouvre une couche de graisse et ses pattes nues et minces qui restent le plus souvent immergées dans l’eau glacée. Comment fait-il pour ne pas attraper la mort là où un tel bain de pieds pourrait être fatal à l’homme ?
C’est grâce à un dispositif ingénieux dont il est doté. «En effet, explique le naturaliste Jean- Marc Fivat, en été, le sang circule uniformément dans leur corps mais pendant la saison froide, la circulation sanguine au niveau de la peau et des extrémités est limitée. Les vaisseaux sous les pattes se contractent, renvoyant le sang vers le corps. Par un système d’échange entre veines et artères, le sang artériel qui descend vers les pattes transmet, avant de les avoir atteintes, sa chaleur au sang veineux qui retourne au cœur. La température est donc fortement abaissée dans les pattes mais reste toutefois toujours à quelques degrés au- dessus de zéro grâce à des vaisseaux qui se dilatent à intervalles réguliers afin qu’elles soient alimentées en sang, en oxygène et en substances nutritives. (...)
Pourquoi alors des milliers de canards venus du nord parcourent-ils autant de kilomètres pour venir chez nous et ne gagner le plus souvent que quelques degrés sur le thermomètre ? «Ce n’est pas le froid en lui-même qui est à l’origine de leur venue, explique le spécialiste, mais le gel de l’eau et notamment de la mer Baltique qui les empêche de trouver leur nourriture alors emprisonnée sous la glace. Privés d’algues, de coquillages et de poissons, ils débarquent sur nos grands lacs généralement épargnés. Ces migrateurs adoptent donc une attitude de nomades lors des hivers rigoureux avant de reprendre dès la mi-février, la route vers leurs régions d’origine».
Le colvert et l’oie sont moins dépendants de l’eau. En effet, contrairement à la majorité des oiseaux d’eau, les oies ne trouvent pas leur nourriture dans les lacs mais dans les champs (herbes, blé, maïs). Quand le froid maintient la couverture neigeuse sur le sol, il est alors temps pour elles de partir plus au sud.
Le cas du colvert est également particulier. Cet opportuniste n’hésite pas à aller dans les champs de maïs manger les grains restés au sol ou sous les chênes pour trouver des glands quand les algues, les graines, les invertébrés et le pain se font rares. Raison pour laquelle le colvert helvétique reste généralement toute l’année en Suisse.
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