dimanche 7 juillet 2013

LE CORMORAN ET LES PÊCHEURS


Les pêcheurs professionnels qui travaillent sur le lac sont en colère. Depuis 2001, la population de grands cormorans qui s’est installée dans la réserve naturelle du Fanel croît de manière exponentielle, mettant en péril la population piscicole et tout l’écosystème du lac et de ses rives. (...)
C’est au début des années septante que le grand cormoran a fait sa première apparition en Suisse, d’abord l’hiver, puis aussi l’été. En 2001, deux couples se sont installés de manière permanente sur l’une des petites îles artificielle de la réserve naturelle du Fanel. Depuis, le nombre de couples de cormorans qui ont niché au bout du lac n’a cessé de croître : 7 en 2002, 23 en 2003, 53 en 2004, 108 en 2005, 166 en 2006. Actuellement, plus de deux cents couples reproducteurs se seraient sédentarisés sur les îles du Fanel. Et c’est sans compter les centaines d’individus migrateurs qui ont pris leur quartier d’été dans cette zone protégée du lac de Neuchâtel. Si randonneurs et autres ornithologues amateurs s’extasient devant cette colonie d’oiseaux noirs, les pêcheurs professionnels n’apprécient pas du tout la présence de ce prédateur piscivore capable d’ingurgiter jusqu’à 700 grammes de poissons par jour.
Pêcheur professionnel à Auvernier, Olivier Junod est intarissable lorsqu’il s’agit de parler du cormoran. « Cela ne peut plus continuer comme ça » dit-il, « ces bestioles sont en train de modifier tout l’écosystème et la biodiversité du lac. On constate déjà une diminution du nombre de mouettes rieuses et de sternes alors que la population de goélands et de cormorans augmente. Ce n’est pas normal ! Actuellement, il doit y avoir environ deux mille cormorans au Fanel qui, pour se nourrir, sortent du lac plus d’une tonne de poissons par jour ! Il faut les voir partir en chasse par centaines, repérer un banc de poissons et passer à l’attaque. Pendant que la majorité des oiseaux encerclent le banc, les autres plongent pour avaler un maximum de perches ou de palées. Ceux qui sont rassasiés rejoignent le cercle alors que d’autres se mettent à plonger. Ce manège peut durer plus de deux heures. Et quand ils ne trouvent pas de bancs de poissons, les cormorans n’hésitent pas à piller les filets des pêcheurs. Comme leur plumage ne retient pas l’eau, ils peuvent plonger à plus de trente mètres pour arracher les poissons pris dans nos filets. C’est parfois jusqu’à septante pour cent de notre pêche qui est pillée et les poissons qu’ils laissent sont tellement lardassés qu’ils sont invendables». (...)
Dans un communiqué publié en mai dernier, la FSP (Fédération suisse de la pêche) estime qu’il devrait être permis de chasser cet oiseau dans les zones où il n’est pas permis d’intervenir actuellement : bord des lacs et retenues fluviales.

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