dimanche 7 juillet 2013
LE FULIGULE MILOUIN
Chaque année, des dizaines de milliers d'oiseaux aquatiques venus d'Europe septentrionale hivernent sur les lacs. Le nombre des fuligules milouins y est en constante augmentation depuis 1965, date de l'apparition de la moule zébrée.
Le milouin, au corps musclé et massif, est un canard plongeur capable de rester une trentaine de secondes sous l'eau. Ses pattes, placées très à l'arrière du corps, lui permettent de se propulser avec un maximum d'efficacité. Mais, situées si loin du centre de gravité, elles lui donnent, au sol, un équilibre instable et rendent sa marche difficile. Le milouin passe donc la plupart de son temps sur l'eau et, s'il gagne la rive, ce n'est que pour se reposer sur un banc de sable ou de gravier.
Pour décoller, les canards plongeurs doivent courir sur l'eau et battre fortement des ailes. C'est pourquoi, au moindre danger, le milouin préfère s'enfoncer dans les flots pour réapparaître en toute quiétude à des dizaines de mètres de là. Le jour, il se laisse doucement bercer par les courants, sa tête sur le dos, un oeil toujours entrouvert pour surveiller les alentours.
C'est à la nuit tombante et à l'aube qu'il est le plus actif. Il trouve alors une abondante nourriture en plongeant jusqu'à une profondeur de trois à quatre mètres. Son régime alimentaire comprend quelques plantes aromatiques mais sa préférence va à une petite moule d'une taille de 4 cm environ, la Dreissena polymorpha.
Ce mollusque qui vivait paisiblement en mer Noire atteignit les côtes européennes au siècle dernier, emporté par les courants ou accroché à la coque des bateaux. Ces nouveaux habitants sont dotés d'une faculté de reproduction peu commune puisque la femelle pond chaque année des millions d'oeufs. Cet étrange petit animal constitua rapidement l'alimentation principale des milouins qui virent leurs effectifs augmenter de façon spectaculaire.
Dès février et au fil des mois, naissent de grands mouvements migratoires et les milouins regagnent leur aire de nidification en Tchécoslovaquie, en Finlande et en Russie.
Le nid est un amas de roseaux cachés dans la végétation ou parfois flottants. La cane pond, au mois de mai, une douzaine d’œufs gris verdâtre. Pendant qu'elle couve, le mâle veille aux abords du nid. Les canetons, qui savent tout de suite plonger, mettront deux mois pour apprendre à voler.
Depuis l'accroissement des populations hivernantes, quelques couples passent l'été chez nous et se reproduisent avec succès.
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